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Blandine Barré – Les réparables

par Hélène

Avec son entreprise Les réparables, Blandine Barré nous fait prendre conscience de la surconsommation des produits du textile. Des moyens existent pour nous permettre de consommer autrement et durablement. Il est important d’arrêter de jeter un vêtement dès qu’il est abimé ! Il est possible aujourd’hui de lui donner un second souffle. Les réparables apportent des solutions aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Blandine Barré, j’ai 34 ans. J’ai fondé un concept autour du textile sur la réparation de vêtements, qui s’intitule Les réparables. Je suis issu du textile, du domaine de la mode et de la couture de par mes études et mon expérience professionnelle.

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours de formation ?

J’ai intégré une filière professionnelle dès la 3e avec un BEP et ensuite un Bac pro. J’ai commencé à travailler dès la fin de mes études en intégrant un atelier de confection.

Par la suite, j’ai repris mes études pour étudier le patronage et la mise au point de produits. Cette formation m’a permis d’intégrer un bureau d’étude dans lequel j’ai eu la chance d’être polyvalente. Pouvoir travailler aussi bien au montage des collections et des prototypes qu’en bureau d’études pour les modifications et les mises au point des patronages a été une réelle opportunité pour moi. J’ai pu apprendre énormément.

En quoi consiste votre activité de cheffe d’entreprise ? Pourquoi l’avoir choisie ?

Mon travail peut être très varié. Je m’occupe du développement de l’entreprise, de l’administratif, du commercial, du support client et d’une partie des réparations.

Entreprendre, c’est vraiment quelque chose qui m’anime. Cette envie d’entreprendre a toujours été présente pour moi, d’autant plus dans ce domaine que j’ai appris et qui m’anime énormément.

Les réparables - Blandine Barré fait une réparation de jean

Les réparables c’est un concept global de réparations textiles qui s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises et aux marques de vêtements.

L’idée, en créant Les réparables, était de mettre en lumière l’impact de l’industrie textile sur l’environnement et les gens qui fabriquent les vêtements, afin de proposer une solution qui devienne un nouveau réflexe.

À chaque fois que l’on achète un nouveau produit, il est nécessaire de se poser les bonnes questions. Réussir à amener les gens vers des marques engagées qui fabriquent localement et proprement est primordial. Des marques qui sont certes plus chères, mais qui nécessitent un réel investissement et que l’on va pouvoir réparer. Pour rendre ces réparations possibles, il est nécessaire d’avoir des moyens logistiques. Il faut également qu’ils soient accessibles par le plus grand nombre.

Les réparables . Blandine Barré réparre un sac

J’ai développé une plateforme digitale pour les particuliers qui permet à l’utilisateur de commander ses réparations en ligne afin d’envoyer et de recevoir son colis de vêtements réparés.

Pour les professionnels et pour les marques, on a des offres adaptées afin de leur proposer un SAV pour les vêtements de leurs clients concernant les marques et les vêtements professionnels des salariés pour les entreprises.

Comment vous êtes-vous lancée dans l’entrepreneuriat ?

J’ai eu l’occasion de participer à des tournées de Worn wear tour qui sont des tournées de réparations de textile organisées par la marque Patagonia. Ça a été un véritable déclic pour moi, j’ai découvert qu’il y avait vraiment quelque chose à proposer dans la réparation de vêtements.

L’entrepreneuriat permet de pouvoir créer un projet et le suivre jusqu’au bout dans sa création. C’est une belle aventure tout simplement.

Comment équilibrez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

Et bien… Je n’y arrive pas. Mon souci est que j’adore le travail, surtout mon métier qui est aussi ma passion. J’avoue que les frontières sont assez faibles parfois. Maintenant, je me sens bien dans ce style de vie.

Je n’ai pas d’enfants, je suis en couple avec quelqu’un qui est entrepreneur également donc nous avons la même vision des choses.

En tant que femme, trouvez-vous qu’il est plus difficile d’être cheffe d’entreprise ?

Je pense que les choses sont en train de changer. Difficile ou pas, tout dépend des générations, de l’interlocuteur, du domaine d’activité et bien sûr de la posture de la dirigeante.

Selon vous quels sont les avantages et les inconvénients de l’entrepreneuriat aujourd’hui ?

L’entrepreneuriat, ça peut être un avantage et en même temps, un inconvénient. Cela nous apporte une grande liberté d’action, de décision, la liberté de donner vie à ce que l’on a en tête et d’emploi du temps… Et parfois, ça devient complètement l’inverse, car on ne s’autorise pas à prendre 2 h dans l’après-midi, car on a toujours quelque chose à faire et que l’on doit avancer. Cette liberté est assez ambiguë à certains moments. 

 Quels sont vos secrets pour mieux vous organiser ?

Je suis en train de repenser mon organisation en essayant de prévoir des créneaux pour différentes tâches. En tant que petite entreprise, on doit être partout à la fois. Le risque en étant seule tout à gérer, c’est que l’on peut changer de tâche en permanence et du coup, on perd en rentabilité. Devoir se reconcentrer sur une nouvelle tâche peut parfois être compliqué. C’est pour cela que je suis en train de planifier ces tâches avec des temps attribués et essayer de les respecter.

Les réparables - Jean abimé avant réparation
Les réparables - Jean après sa réparation

Il est important de prioriser les actions ou les tâches pour voir ce qui est urgent et ce qui l’est moins. Pour mon organisation, je me sers de post-it, je suis quelqu’un de très visuel, cette méthode me permet de planifier mes tâches, c’est la plus pertinente pour moi.

Dans mon atelier, tout est organisé de manière à ne pas perdre de temps. Tout est classé et rangé pour que tout se trouve facilement.

Auriez-vous des conseils pour une femme qui souhaite ouvrir son entreprise aujourd’hui ?

J’ai fait l’erreur en créant mon entreprise de me sentir fragile en tant que femme. Alors, qu’au contraire, on se dessert soi-même en se mettant dans cette position. Je me mettais en situation d’infériorité bien avant qu’on me le fasse ressentir finalement.

Bien s’entourer permet également de prendre confiance en soi. Que ce soit avec les interlocuteurs au niveau du travail ou les personnes qui accompagnent dans l’entrepreneuriat. Il est important de ne pas prendre les choses trop à cœur.

N’hésitez pas à découvrir Blandine Barré, dirigeante d’un atelier de réparation de textile Les réparables.

Découvrez également l’ensemble des portraits de femmes d’Entrepreneuriat au féminin.

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