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Audrey Mikaelian – Journaliste-réalisatrice scientifique

par Hélène

En discutant avec Audrey Mikaëlian, j’ai eu le plaisir de découvrir une femme passionnée par son métier de réalisatrice de films scientifiques. Récompensée par de nombreux prix dans le métier, Audrey est une femme passionnante par son savoir avec laquelle vous pourriez passer des heures à écouter ses anecdotes sur son travail. En créant sa société de médiatraining avec son amie Cécile, elle a trouvé la complémentarité à son métier de réalisatrice. Je vous laisse découvrir son environnement.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Audrey Mikaëlian, j’ai 46 ans, je suis journaliste-réalisatrice scientifique. Je fais des documentaires pour la télévision, sur la recherche de la vie dans l’espace, les manipulations génétiques, les robots, etc… depuis 1998. C’est un métier passionnant et enrichissant, j’ai pu rencontrer et interviewer un très grand nombre de scientifiques, comme des prix Nobel durant toutes ces années.

Et parallèle, depuis 5 ans, j’ai créé un service de mediatraining pour les scientifiques et experts, par exemple du CNRS, afin de les préparer aux interviews et à être face aux médias. Je me suis associée avec une amie, Cécile qui est journaliste en presse écrite.

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours de formation ?

J’ai fait des études de biologie et de réalisation en même temps. Ensuite, j’ai fait l’école de journalisme à Tours (EPJT).

En quoi consiste votre activité de cheffe d’entreprise ? Pourquoi l’avoir choisie ?

J’ai choisi l’activité de mediatraining parce que je la trouve très complémentaire de mon activité de réalisatrice.

Mon activité de mediatraining, c’est de créer des ponts entre les chercheurs et les journalistes. Faire que les différents mondes se rencontrent, se comprennent et réfléchissent ensemble, je trouve cela important. C’est pour cela que j’ai créé cette activité, pour faire que ces rencontres aient du sens.

Ce sont souvent les organismes qui m’appellent pour que je puisse leur créer une formation sur mesure. Le mediatraining, c’est donner aux chercheurs les clés pour qu’ils se sentent plus rassurés à intervenir dans des films. C’est vraiment stimulant intellectuellement de pouvoir travailler avec des scientifiques.

Lors des formations, la première journée est plus généraliste. Elle est consacrée à l’écriture d’un discours, comment définir son message face aux médias, etc. C’est mon associé Cécile qui s’occupe de cela. Moi, je m’occupe de la partie audiovisuelle. Je les prépare à savoir répondre à une interview à la télévision.

Tous les documentaires que je devais tourner l’année dernière ont été annulés pour cause de Covid. Les circonstances ayant été particulières, mon activité principale en 2020 a surtout été du mediatraining.

Mais ma passion première, mon identité, c’est la réalisation, donc je veux pouvoir choisir. J’ai très peu tourné en 2020, c’est très difficile pour moi, c’est comme interdire à un musicien de jouer. Quand on te coupe de ce qui t’anime, ta passion, c’est dur. Je ne sais pas comment j’y arrive… Je n’y arrive pas tellement d’ailleurs. On est habitué à travailler avec des équipes qui sont devenues nos amis. Aujourd’hui tout est compliqué, l’équipe me manque, tout me manque.

Audrey Mikaëlian  Journaliste-réalisatrice scientifique en plein tournage

Je devais filmer l’été dernier en Guyane sur le décollage d’Ariane 6, mais la date a été repoussée… On est dans l’incertitude sur tout aujourd’hui. C’est d’ailleurs en Guyane, que j’ai tourné mon 1er film quand j’avais 18 ans.

J’ai la chance que l’on ne soit peu nombreux en tant que réalisatrice scientifique et d’être un peu connue dans mon domaine avec les prix que j’ai gagnés. En temps normal, je suis sollicitée pour tourner des films pour la TV ou plus rarement pour des organismes de recherche. Tu tournes un film avec un organisme de recherche, et puis d’autres sont intéressés pour en réaliser aussi… et ainsi de suite.

En 2020, malheureusement, je n’ai pu tourner que 3 jours. Ce n’est pas assez pour moi. Heureusement que le mediatraining a continué et s’est même développé.  Surtout en ligne. J’ai au moins pu continuer à faire en partie ce que j’aime ; des ponts entre la science et le reste de la société.

Comment vous êtes-vous lancée dans l’entrepreneuriat ?

Quand j’ai lancé mon activité de mediatraining il y a 5 ans, je ne me suis pas posé la question sur l’entrepreneuriat, car j’étais déjà indépendante dans mon métier de réalisatrice. Je n’ai jamais été salarié à temps plein dans une entreprise, je n’ai jamais imaginé le faire non plus et à vrai dire, je pense que je ne suis pas adaptée à ça.

En fait, c’est grâce à mon amie Cécile Michaut, journaliste en presse écrite qui avait des demandes de mediatraining pour la télévision que je me suis lancée.

Comment équilibrez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

Je suis réalisatrice depuis 22 ans et je n’ai pas d’enfants, donc cet équilibre est facile pour moi. Je peux me permettre d’avoir une vie très irrégulière, avec de gros pics d’activité et des périodes creuses. Quand je fais un film, je travaille en faisant des heures de fous pendant des mois et je n’ai pas vraiment de vie perso durant cette période.

En dehors des tournages, entre deux films, j’ai du temps pour moi. C’est dans ces moments-là que j’en profite pour revoir mes amis, faire des sorties, partir en vacances. Je me consacre également plus au mediatraining durant les périodes où je ne tourne pas.

En tant que femme, trouvez-vous qu’il est plus difficile d’être cheffe d’entreprise ?

Dans le milieu du journalisme, il y a une majorité de femmes en tant que journaliste et une majorité d’hommes chez les rédacteurs en chef.

Dessin de Audrey réalisatrice

Alors que dans la science, les rédactrices en chef sont majoritairement des femmes (pour la science, science et avenir, etc.). Pour ma part, je ne suis pas confrontée à des difficultés en tant que femme. J’ai la chance d’être intermittente du spectacle, je travaille avec les gens que j’apprécie et qui ne sont pas du tout sexistes sinon je ne travaille pas avec eux. C’est un des avantages de mon métier.

Selon vous quels sont les avantages et les inconvénients de l’entrepreneuriat aujourd’hui ?

L’avantage, c’est la liberté sans aucun doute. Je peux choisir les périodes où je travaille plus, d’autres moins. J’ai la chance de pouvoir décider. Comme je peux aussi choisir les personnes ou les projets sur lesquels je veux travailler. Avoir cette liberté, ça n’a pas de prix.

Les inconvénients, ça serait plus quand tu as moins de travail. On n’est jamais à l’abri. Particulièrement aujourd’hui avec le Covid.

Quels sont vos secrets pour mieux vous organiser ?

J’ai la chance d’avoir une super comptable pour s’occuper de mon administratif et de ma compta ! Cette partie était la plus compliquée pour moi, mais c’est résolu. C’est une perle, elle gère tout parfaitement. J’ai tout simplement délégué ce que je ne savais pas faire. Et puis, avec Cécile, on est deux à développer notre activité de mediatraining, ça rend les choses plus faciles.

L’important est d’avoir les bonnes personnes pour les bonnes fonctions. La compta, ce n’est pas pour moi… Mais j’ai trouvé la personne compétente pour le faire.

Pour le reste, je n’ai pas d’horaires particuliers, je ne fais pas de planning, pas de listes… Tout se fait naturellement.

Auriez-vous des conseils pour une femme qui souhaite ouvrir son entreprise aujourd’hui ?

Je lui dirais d’avoir un parachute au cas où ! D’avoir quelque chose pour assurer ses arrières. Quand tu te lances, tu ne sais pas très bien où tu vas en fait. Lorsque j’ai créé mon activité de mediatraining, je n’étais vraiment pas sûr de moi, mais j’ai eu la chance de commencer avec le luxe de me dire si ça ne marche pas, j’ai la réalisation.

Audrey Mikaelian réalisatrice en train de tourner un documentaire

Quand tu as trop de contraintes, tu as du mal à te lâcher complètement, et c’est compliqué de faire avancer correctement ta boite en ayant cela sans cesse en tête. Si tu peux t’affranchir de cette inquiétude, tu peux mieux te concentrer sur ce qui est important pour le client, mais également pour ton activité. Commencer en se disant que tu dois absolument rapporter des sous pour le foyer, c’est un stress en plus.

Tu ne peux réaliser des choses que si tu n’as pas peur, si tu essaies… et que tu vois ce que ça donne. Une fois que la peur t’a lâché, le monde t’appartient !

Si ça marche, c’est bien… Si ça ne marche pas… pas grave. on essaie autre chose.

Voilà ce que je donnerais comme conseil, il faut se trouver une sécurité. Moi le mien, c’est d’être également réalisatrice.

N’hésitez pas à découvrir l’entreprise de médiatraining de Audrey Mikaelian et de son amie Cécile

Je vous laisse découvrir également Audrey lors de la journée des Femmes scientifiques à la une – Comment améliorer la représentation des femmes scientifiques dans les médias?

Découvrez également l’ensemble des portraits de femmes d’Entrepreneuriat au féminin.

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Helene MARTEAU 12 mai 2021 - 9h57

Quelle femme incroyable, un parcours et un humour au top.
Un beau portrait, bravo.

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